Qu'est-ce donc ?

Une petite histoire - qui deviendra peut-être longue - créée au fil du temps, lorsque l'envie me prends, lorsque j'ai le temps...
Mais où cela nous mènera-t-il ?

mercredi 10 mars 2010

Un

L'humidité fit crisser les freins dans le silence de la nuit. La voiture s'arrêta le long du trottoir, le flanc du pneu s'écrasant un peu contre le granit de la bordure. Immédiatement, le moteur fut coupé et le frein à main cliqueta alors que le câble se tendait pour bloquer définitivement la voiture.
Il se passa ensuite quelques minutes de silence, comme si le conducteur voulait s'assurer que rien n'avait été perturbé à son arrivée.

Visiblement satisfait, le conducteur ouvrit la porte et descendit doucement de son véhicule. Il ne claqua pas la porte mais la referma doucement, soulevant la poignée pour faciliter l'enclenchement de la porte. Il fit ensuite le tour de sa voiture et s'empara d'un sac et d'une lampe torche dans le coffre qu'il laissa finalement entrouvert pour ne pas avoir à le claquer non plus.
Plus par habitude que par nécessité, le conducteur verrouilla la voiture, déclenchant les clignotants qui firent comme des éclairs dans la nuit.

Le conducteur ne put réfréner un juron tant sa bêtise pouvait lui en coûter, puis se dirigea finalement vers la grande maison sombre de l'autre côté de la rue.
Les talons de ses chaussures claquèrent sur le bitume humide, et le conducteur s'en voulu encore une fois de ne pas avoir pensé à ce détail lorsqu'il s'était préparé quelques heures avant.
Doucement, marchant presque sur la pointe des pieds, il s'avança dans le jardin de la maison massive. Tout semblait abandonné : le jardin n'était pas entretenu depuis longtemps déjà, à en juger par la hauteur des herbes ; le portillon ne fermait plus ; la boîte aux lettres regorgeait de publicités en tout genre, certaines vieilles de plusieurs mois à en juger par les dates.

En montant les trois marches de bois du perron, le conducteur coinça un talon dans une brèche et le cassa net. Cette fois encore, le conducteur poussa un juron et alluma sa lampe pour estimer les dégâts : le talon était irrécupérable.

Poussant un long soupir de désespoir, Julie arracha le deuxième talon pour équilibrer sa démarche. Cela lui faisait presque des escarpins, mais malgré tout elle n'était pas très à l'aise. Décidément, cette opération commençait bien mal.
Éteignant sa lampe torche, elle gravit la dernière marche du perron et s'approcha de la porte de bois.
Un heurtoir couvert de poussière et de toiles d'araignées trônait au milieu de la porte, juste sous un judas crasseux. A côté de l'huisserie, une antique sonnette n'indiquait plus de nom depuis longtemps. La lampe au-dessus d'elle ne fonctionnait bien évidemment plus, d'ailleurs il n'y avait pas d'ampoule.

Julie tourna la poignée de la porte et essaya de pousser le battant. [...]